Alors on a été assez sidéré de si mal manger dans un restaurant 2 étoiles
-le service un peu trop prĂ©sent/envahissant / des doutes sur leurs connaissances culinaires : tu ne peux pas te servir de verre d'eau on t'arrache la carafe des mains pour le faire Ă ta place... La prononciation de certains ingrĂ©dients (poivre de sichuan prononcĂ© "seche-au-vent" ou foccacia "foca-chia") ce qui est un peu dĂ©cevant quand on prĂ©tend Ă deux Ă©toiles -l'attente de 10 Ă 15 minutes entre chaque "plats", combinĂ© au quantitĂ© vraiment miniature dans l'assiette : tu te bourres de pain pour te caler entre deux cuillĂšres Ă thĂ© de poisson. Pas un plat ne fait plus de deux bouchĂ©es (bon comme la plupart des plats sont ratĂ©s... au final tant mieux) -"Les pĂ©tales de cabillaud sur une fine ratatouille au basilic, lait de morue et sorbet dâun gaspacho" C'est le premier plat du menu dĂ©gustation et le meilleur, les saveurs sont simples (les legumes du gaspacho et de la ratatouille Ă©tant trĂšs proches) bien rehaussĂ© en basilic. Je regrette seulement que le plat soit servis entiĂšrement froid, un ratatouille chaude, un lait tiĂšde et une boule de sorbet fonctionne bien mieux (j'ai eu le temps de refaire cette semaine, ce n'est pas bien compliquĂ©... photo pour preuve avec une portion nettement plus consĂ©quente). -"La daurade SĂ©baste et pĂątes Ă lâencre, Bouillon de tĂȘtes aux Ă©pices Kimchi, fleur de courgette et olives de Kalamata" *"La daurade SĂ©baste et pĂątes Ă lâencre" pĂąte au singulier il y a une et une seule tagliatelle dans l'assiette *"Bouillon de tĂȘtes aux Ă©pices Kimchi" sauf que dans ce restaurant on n'a aucune idĂ©e de ce qu'est le Kimchi, donc on a juste utilisĂ© le piment doux qui sert Ă sa confection (dont le gout se situe Ă mi chemin entre le paprika et le piment dâEspelette, soit rien de trĂšs spĂ©cifique car le gout du kimchi se dĂ©veloppe uniquement lors de la fermentation) pour rĂ©aliser un bouillon Ă la sĂ©toise (dis par le serveur, et confirmĂ© le cuisinier) alors que le nom du plat promet forcĂ©ment des saveurs corĂ©ennes... quand on parle de bouillon au kimchi on pense forcĂ©ment au "Kimchi jjigae" plat emblĂ©matique de la CorĂ©e mais qui de toute Ă©vidence n'a jamais Ă©tĂ© goutĂ© par le cuisiner, car ici on sent bien plus le cotĂ© reste de poisson bouillie qu'autre chose. Une mention spĂ©ciale pour la "daurade sĂ©baste" poisson qui a le gout et la texture de l'eau, c'est Ă dire aucun. nous avons renvoyĂ© les assiettes mĂȘme pas terminĂ© avec un "Infame" et pourtant c'est vraiment rare que je trouve quelque chose d'immangeable -le cuisinier nous a renvoyĂ© un autre plat de poisson en remplacement du prĂ©cĂ©dent "LĂ©gine cuite lentement, veloutĂ© de petits pois et encornets aux poivrons confits,Mousse lĂ©gĂšre de faisselle & vinaigrette agrume" Le poisson est meilleur que la daurade, le veloutĂ© de petit pois est bon, mais comme le poisson est nappĂ© de confit d'orange (trop) sucrĂ© ça ne se marie pas mais alors pas du tout avec les petits pois -"Le suprĂȘme de pintade du Gers et sabayon aigre doux, Cerises et oignons rouges, jus de ses pillons au satĂ©" La fond de sauce de ce plat nous a instantanĂ©ment Ă©voquĂ© les fonds de sauces de cantines... Encore une fois "Cerises" dans le titre est abusif car il y a une seule cerise coupĂ©e en deux. La sauce n'Ă©voque absolument rien du satĂ© (sauce a base de cacahuette et lait de coco Ă©picĂ©s) mais beaucoup plus un fond de veau instantanĂ© & trop sucrĂ© Ă en devenir Ă©cĆurant dĂ©s la premiĂšre bouchĂ©e. -Les fraises confites, c'Ă©tait pas mal mais rien de transcendant.
Le cuisinier est venu nous voir a la fin du repas et dans notre Ă©change a quand mĂȘme avouĂ© acheter son satĂ© en poudre et son kimchi en bouteille(?) auprĂšs de son fournisseur asiatique... Quand perso je fais l'un et l'autre maison, je trouve fou qu'un restaurant deux Ă©toiles ne se donne mĂȘme pas la peine. Surtout quand Ă deux l'addition se chiffre Ă plus de 200âŹ. Se targuer de produits exotiques c'est bien, savoir les utiliser c'est mieux. Ces mĂ©langes alĂ©atoires de saveurs m'ont rappelĂ© la fameuse recette du net des "Bananes au jambon".... c'est pas...
   Read moreJe sais d'avance que j'irai Ă contre courant par ces prochains mots: Jusque-lĂ , je pensais que deux Ă©toiles au guide Michelin me prĂ©munissaient d'une certaine dĂ©ception, contrairement Ă l'hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des 1 Ă©toile. Dans l'ensemble, lâexĂ©cution et le dressage sont bons. Quand vient la question du goĂ»t, beaucoup de fautes s'accumulent toutefois... Menu autour du champignon ; le champignon fut plus autour du plat que l'inverse. Je m'explique. Une enveloppe trop ronde, trop crĂ©mĂ©e, trop forte a souvent Ă©crasĂ© le goĂ»t du produit. Dans l'oeuf (enrobĂ© de friture, ce qui lui donnait une texture superbe), les champignons sauvages (de la chanterelle en partie) Ă©taient sous une demie louche de bouillon crĂ©mĂ©. Trois apports de matiĂšre grasse, si je ne compte pas le fait que la fricassĂ©e de champignon fut probablement revenue dans du beurre, ni le lard, ni le parmesan, ont produit un tapis impĂ©nĂ©trable Ă la saveur des chanterelles dans ma bouche. Avec les st-jacques, l'aciditĂ© prenait le pas sur l'harmonie, le champignon, lui, se trouvait masquĂ© par trop d'ail pour que l'on eut pu en dĂ©terminer la saveur propre. L'alliance terre-mer avec le foie gras Ă©tait bien dosĂ©e si l'on omettait le vinaigre du bouillon. Tout Ă©tait rĂ©ussi dans le plat de boeuf, la purĂ©e particuliĂšrement, trĂšs savoureuse, rehaussĂ© en texture par le sarrasin grillĂ©. Les trompettes Ă©taient trop salĂ©es en revanche, mais se mĂȘlaient bien Ă l'ensemble. La viande, dont la cuisson fut impeccable, profitait parfaitement de cette croĂ»te de moelle. Un entracte savoureux autour de lâananas nous a sĂ©duit par sa construction rĂ©flĂ©chie et sa fraĂźcheur bienvenue. A lâinstar de ce prĂ©-dessert, davantage de travail pour allĂ©ger les plats grĂące au vĂ©gĂ©tal aurait Ă©tĂ© apprĂ©ciable dans ce menu. Un dessert, Ă nouveau trop riche de sucre et de matiĂšres grasses, a Ă©garĂ© le goĂ»t dans la multiplicitĂ© de prĂ©parations, pas toutes essentielles. Un vague titillement de humus se prĂ©sentait dans la glace, pour condition qu'on l'ait goĂ»tĂ©e Ă part. Je tiens Ă appuyer le fait qu'aucune malveillance ne conduit ma dĂ©marche de partage. Il n'est pas non plus question de dire que le repas ou les plats furent mauvais. Mais mon parcours culinaire actuel ne me laisse pas la libertĂ© de ne juger qu'en termes de bon ou non, Ă plus forte raison lorsque deux Ă©toiles sont sur la façade du restaurant. Je suis sorti de table en me disant que c'Ă©tait plutĂŽt bon, et non trĂšs bon, comme ce Ă quoi je pouvais m'attendre d'aprĂšs les expĂ©riences chez d'autres confrĂšres Ă©levĂ©s au mĂȘme rang.
TrĂšs...
   Read moreAller chercher deux Ă©toiles en quittant le festival dâastronomie de Fleurance, quoi de plus logique ! Et vraiment cette quĂȘte (g)astronomique est dâune efficacitĂ© redoutable : les deux Ă©toiles sont localisĂ©e dans un de ces splendides et minuscules villages que le Gers conserve soigneusement Ă lâabri des grandes transhumances dâĂ©tĂ©. Juste Ă cĂŽtĂ© de lâĂ©glise, au milieu du village, un Ă©crin discret abrite une pĂ©pite reprise par un (presque) enfant du pays. Dans sa petite salle chaleureuse et sobrement dĂ©corĂ©e, une cuisine dĂ©licate, savoureuse et inventive vous attend, avec une franche tendance Ă lâhybridation terre-mer, certains embruns de Normandie ayant pu frayer leur chemin jusquâaux collines gasconnes. On sera sĂ©duit par cet homard soigneusement prĂ©sentĂ© sur une mayonnaise relevĂ©e aux Ă©pices de Louisiane, puis Ă©bloui par un pigeon dont la force sapide est trĂšs dĂ©licatement attĂ©nuĂ©e par une douceur tendre de cuisson sans doute un peu magique. On termine par un atterrissage au sommet de lâOlympe (certes actuellement bien occupĂ© par nos champions nationaux de lâĂ©tĂ© des mĂ©dailles) grĂące Ă ce chocolat glacĂ© mi-amer qui domine outrageusement un chocolat liĂ©geois dâanthologie ! Parce quâil est toujours possible dâaller plus loin, la mise en place dâune cuillĂšre Ă sauce permettra aux gourmets de mieux sâenivrer de la puissance des sauces, sans devoir se contraindre Ă mĂȘler ces nectars Ă la mie de pain. Mais vraiment, une grande fĂ©licitĂ© offerte par ce voyage de pur hĂ©donisme, dont les transports Ă©motionnels sont largement guidĂ©s par les choix judicieux de la sommeliĂšre, qui a enfin pu sâĂ©chapper des rigueurs scandinaves pour retrouver...
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