Cette meringue est une menteuse. Mais comment aurais-tu pu le soupçonner un seul instant ? Quand tu la rencontres, c'est le coup de foudre : son teint diaphane, son regard limpide, tu crois voir un ange descendre d'un nuage. Puis, en l'observant davantage, tu t'aperçois que c'est une jeune épousée, en longue robe immaculée. Son sourire est timide, mais la courbe de ses épaules fait le tour de ton cœur, et la ligne bombée de ses hanches te harponne, subrepticement. L'éclair t'a étourdi(e). La blancheur t'éblouit. Voilà qu'il te monte tout à trac, comme d'un printemps soudain, hors-saison, d'ardentes envies de recommencements.
Comme dans un rêve, tu tends la main pour éprouver la réalité de cette promesse de bonheur absolu : l'extrême suavité d'un câlin sincère, clair et frais comme un cœur d'enfant, cette guimauve, tendre et légèrement élastique.
Mais cette meringue est une menteuse : oh ! la traîtrise ! Car sa peau est dure ! Sa peau est cassante ! Et sa chair s'effrite en mille tout petits débris qui volent partout sur la nappe, sur tes genoux, et sur le parquet ! Non, cette meringue n'est pas ton gros chamallow-chéri-doudou, et elle te le fait savoir, pire qu'un bloc de plâtre ! Ta salle à manger ressemble à un chantier maintenant. Tu étais si loin d'imaginer ça !
Et voici que tu te rends compte qu'en plus, tu ne sens aucun parfum. Du sucre. Juste du sucre. La déesse est un pain de sucre. Une statue de stuc. Ton espoir s'y brise, ton cœur s'y casse les dents. Comment se peut-il qu'un tel fantasme de Beauté parfaite soit, ainsi, dépourvu d'âme ?
Petit à petit, pourtant, tu t'y fais. Comme le rescapé d'une explosion, tu rassembles les morceaux. Et tu les manges. On s'habitue à tout, dit-on. Ton amour naissant a volé en éclats ? Eh bien, tu te prends à en magnifier les fragments. Intéressant, finalement, ce croquant entêtant, qui, si on lui en laisse le temps, finit par fondre sur la langue. Tu décides de prendre le temps. Tu écoutes ta meringue. Sous les dents, elle produit le même son que la neige, quand on y pose ses pas. Un crissement tellement particulier que tu le croyais unique, jusqu'à présent. Il est là, dans la meringue. Le même. Cela t'émeut fortement. Candeur inouïe de la neige.
Mais avant de devenir neige, ta meringue, tu entends aussi qu'elle a été battue. Battue, battue, battue, jusqu'à l'horreur. Coups de pieds, coups de Trafalgar, coups de massue. Coups de fouet (beaucoup). La vie ne lui a donné que des coups. "Battue en neige", c'est si poétique. Alors qu'en vérité, elle est revenue de l'enfer.
C'est peut-être pour ça qu'elle est devenue si dure. C'est peut-être pour ça qu'elle est devenue si fragile -en même temps. C'est peut-être pour ça qu'elle est en colère. Une colère tellement grande, mais tellement, qu'en comparaison, les plus terribles tempêtes de neige et de plâtre du monde entier ont l'air de minuscules soupirs de poussins mourants.
Petit à petit, fragment par fragment, le sucre a envahi toute ta personne, jusqu'au vertige, comme la plus puissante des drogues. Tu ne sens plus son goût à présent, parce qu'il a saturé ta bouche, parce qu'il a brûlé ta gorge, parce qu'il t'a fait perdre la tête.
Et c'est là que tu le trouves. Le trésor. Celui que ta meringue avait caché, soigneusement, loin de ses dents parfaites, loin de ses grands yeux innocents, loin de son visage de madone, et sous sa jupe blanche de... menteuse. Caché au creux de son ventre. Son cœur, intact. Et c'est le cœur d'une reine. Tendre, et divinement moelleux, presque crémeux en vérité, et savoureux. Et collant, si collant que tout ton être s'y trouve empêtré, comme dans un grand amour, exactement. L'amour blessé, l'amour brisé, l'amour survivant. Celui-là même, qui laisse des constellations de miettes partout dans la salle à manger, et partout dans la maison, et partout dans nos vies. L'amour salissant. L'amour en poussière d'étoile. Partout autour.
Dans ton chantier, maintenant. La meringue a disparu. Tu te retrouves seul(e), un peu shooté(e), avec des paillettes. Il reste ton sourire. Tu lui as...
Read moreDelicious macarons. I bought them as a present for someone and had to also taste some myself to make sure they are nice enough😉. I am not a big fan of macarons as the ones I have had before were a bit too dense, dry and very mildly flavoured but these macarons are the best I have had! They are very light, cream aroma is intense enough to match the lightness of the dough (not too perfumed, not too flavoured that will overpower the almond flour) and the flavours are natural tasting. I like them so much I've had them two days in a row! (rose, lychee and raspberry😍). Loved their baguette tradition too - salty enough and nice texture. The lady that served me this morning was very nice and smiley as I was loading up for the airport! The staff from saturday was not as smiley but helpful. (i suppose not everyone is the same). I'd buy from them again you can tell their deserts are made in the bakery... Wish I had tried their pain aux chocolat too. It...
Read moreLe rituel culpabilisateur du paiement m'a dégoûté de cette boulangerie qui pourtant a de bons produits. C'est un problème qui a aussi incité mes voisins à aller ailleurs. Chaque weekend c'est la même histoire : on arrive sans argent (car quand on travaille toute la semaine on a autre chose à faire en semaine que penser à rassembler 4€ de monnaie pour son petit dej plaisir du weekend), sauf qu'ils ne prennent pas la CB pour ces petits montants (pour économiser 1 centime de transaction...), ils ne prennent pas non plus les chèques, donc on marche jusqu'au distributeur d'en face, on retire la plus petite coupure (10 €), on arrive à la caisse pour payer 4€ pour ses 4 viennoiseries, et au moment où on sort le billet de 10€, c'est la réflexion instantanée, les Lucky Luke de la remarque, "vous n'avez pas moins de 10 € ???". C'est SYSTEMATIQUE. Ok donc il me reste quoi comme option de paiement ? 2 pièces de 2€ ou 1 billet de 5€, sinon je me fais jeter ? C'est incroyable comme un petit détail insignifiant pour un client ponctuel peut devenir totalement insupportable lorsqu'il se répète inlassablement chaque weekend. A la fin, j'avais même une boule au ventre en rentrant dans cette boulangerie, car je savais que j'allais encore me prendre une remarque sur mon billet de 10€. Du coup, je vais de plus en plus fréquemment chez la concurrence, et c'est un monde à part : lorsqu'on dit "désolé je n'ai pas de monnaie" en tendant un billet de 10€ on nous dit "mais monsieur aucun problème, un billet de 10€ pour payer 4€, c'est parfait !", possibilité de payer en paiement sans contact à partir de 2€, bref, aller chercher son petit dej sans la boule au ventre ! Et ce matin, comme j'avais envie de retenter ma chance aux "petits fours", j'y suis retourné... Pas manque, je me suis pris une réflexion avec mon billet de 10€. On dirait que je donne un billet de 500€... Insupportable. C'était la...
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